jeudi 22 septembre 2011

Hôpital du Haut-Richelieu: le ministre pousse la région à l'exaspération


Avez-vous lu le texte de Valérie Legault dans le Canada Français de ce matin? Et l'éditorial de Gilles Lévesque?

Les hôpitaux sont au ministre de la Santé ce qu’était l’asphalte au gouvernement Duplessis. Que vaut quelqu’un qui vient marchander de temps en temps notre vote au prix d’une urgence décente?

Rien.

Je ne mâche pas mes mots. Si on se reporte au Canada Français du 12 novembre 2008, la nouvelle directrice du CSSS affirmait que « les deux projets d’investissement totalisant des déboursés de plus de 50M$ » devaient être lancés à l’automne 2009. La semaine suivante, le ministre Bolduc se présentait à Saint-Jean-sur-Richelieu avec, dans sa petite valise, Jean-Pierre Paquin, qui devait se faire élire. Il avait candidement affirmé qu’il n’avait pas toutes les informations au sujet de ce dossier prioritaire.

Puis, dans les pages du Canada Français du 20 mai 2009, Gilles Lévesque rapportait que lors d’une des nombreuses conférences de presse qui ont été organisées pour manipuler l’électorat au sujet de l’agrandissement de l’hôpital, le président du conseil d’administration du CSSS, Robert Blanchard, avait affirmé que la première pelleté de terre pour les travaux se ferait le 8 novembre 2011. Le ministre Bolduc rétorquait que ça serait sans doute plus tôt, même!

À beau mentir qui vient de Québec, direz-vous.

Avec raison.

La semaine dernière, le ministre Bolduc est encore débarqué à Saint-Jean-sur-Richelieu pour se moquer de notre patience. Et puisque le dicton affirme que plus on est de fous, plus on s’amuse, il a cette fois-ci emmené avec lui, dans sa valise, le député de Huntingdon, Stéphane Billette. Pourquoi? Parce que notre hôpital dessert une partie de sa circonscription. Alors, où était la député d’Iberville? Pourquoi le député de Saint-Jean n’était-il pas assis à l’avant, avec les gens qui travaillent sur le dossier? Habitons-nous dans un Haut-Richelieu à visibilité variable?

De la petite politique sur le dos de notre santé, quoi. Ah, oui : il fait maintenant passer le montant des travaux à… 90M$.

Le ministre Bolduc était sans doute encore trop petit pour s’en rappeler, mais c’est sous l’ancien député Jean-Pierre Paquin que devaient être déclenchés ces travaux. Maintenant, il reporte le début de cette opération majeure à 2013… Pour être terminée en 2016.

Voilà un exemple de mépris, d’incompétence crasse, de manipulation sans vergogne de l’électorat qui attise le cynisme et démobilise les citoyens. Le ministre Bolduc, ses valises chargées de candidats libéraux et d’insultes aux payeurs de taxes n’en a pas pris acte.

Et vous savez c’est quoi le pire? C’est qu’il y aura des gens assez bornés pour prétendre que les députés Méthé et Turcotte ont nui à l’avancement du projet parce qu’ils ont travaillé dans l’opposition. À ces esprits partisans, je rappellerai ceci : en 2007, notre urgence avait déjà l’air d’un taudis en sursis. Qu’avait fait Jean-Pierre Paquin pendant quatre ans pour que ce dossier vaille non pas une vulgaire promesse électorale, mais une pelleté de terre?

J’en ajoute encore une épaisseur, pour que les gens qui pensent aux intérêts du Parti libéral avant de penser à ceux des Johannais se pratiquent à penser par eux-mêmes : puisque Stéphane Billette, valeureux député de Huntingdon, trouve si important que notre hôpital soigne ses électeurs, pourquoi n’a-t-il pas mis plus de pression pour que la pelleté de terre de 2011, promise par le ministre Bolduc en 2009, ne se transforme qu’en une insolente visite?


(images: extraits tirés du Canada français du 20 mai 2009)

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